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Laïcité au Québec : un panel d'invités se penche sur le sujet au Grand Séminaire de Montréal

  • il y a 41 minutes
  • 4 min de lecture

Alors que les débats sur la laïcité et la place du religieux dans l’espace public se poursuivent au Québec, la Fondation du Grand Séminaire de Montréal a récemment réuni plusieurs invités lors d’un panel sur les impacts de ces enjeux sur le vivre-ensemble.


Des intervenants tels que Jean Christophe Jasmin, directeur de l’Institut Cardus pour le Québec, Marie-Claude Lalonde, directrice nationale d’Aide à l’Église en Détresse Canada, Alessandra Santopadre, adjointe au directeur de l’Office des communautés culturelles de l’Archidiocèse de Montréal, et Mgr Christian Lépine, archevêque de Montréal, ont examiné les enjeux tels que la neutralité de l’État, la liberté religieuse, l’intégration des communautés culturelles et la place de la foi dans l’espace public, tout en soulignant l’importance du dialogue et du respect de la diversité des convictions dans la société québécoise.


Pour écouter le panel, l’enregistrement est disponible ici : 




Communiqué de la Fondation du Grand Séminaire de Montréal

Laïcité au Québec : des experts mettent en garde contre une marginalisation du religieux


La Fondation du Grand Séminaire de Montréal a tenu le 9 mai dernier un panel réunissant quatre experts afin de discuter de la laïcité et de ses effets sur le vivre-ensemble au Québec. L’événement, cinquième rencontre de la série Dialogue et espérance, a rassemblé des membres du clergé, universitaires, enseignants, séminaristes ainsi que citoyens de divers horizons.


« À l’heure où la société québécoise cherche encore ses repères, il nous semblait important d’ouvrir la conversation sur cet enjeu d’actualité, a déclaré Alexandrina Diac, directrice générale de la Fondation du Grand Séminaire de Montréal. Nous sommes heureux que des voix diverses aient accepté de contribuer à cette réflexion. »


Premier panéliste à intervenir, Jean Christophe Jasmin, directeur de l’Institut Cardus pour le Québec, a soutenu que la laïcité québécoise tend aujourd’hui à s’étendre au-delà de la sphère de l’État pour toucher la société civile.


« L’État doit demeurer au service du peuple et agir comme un arbitre juste, a soutenu M. Jasmin. Lorsque les valeurs de l’État deviennent des dogmes imposés, on risque de confondre le bien commun avec le bien de l’État. »


S’appuyant sur les travaux du philosophe Paul Ricœur, il a distingué une « laïcité d’abstention », propre à l’État, d’une « laïcité de pluralisme » qui devrait caractériser la société civile, où différentes conceptions du monde peuvent coexister.


Prenant la parole à son tour, Marie Claude Lalonde, directrice nationale d’Aide à l’Église en Détresse Canada, a présenté un portrait mondial de la liberté religieuse à partir des données recueillies par son organisation, présente dans plus de 140 pays.


« Près de 64 % de la population mondiale vit dans un pays où sévissent discrimination ou persécution à caractère religieux, a rappelé Mme Lalonde. Ce n’est pas un phénomène marginal, c’est une réalité que nous devons prendre au sérieux. La liberté religieuse est fragile et nous devons la défendre, y compris ici, chez nous. »


Elle a souligné que les gouvernements représentent souvent les principales menaces à la liberté religieuse, notamment en Chine, en Corée du Nord, en Birmanie et en Inde. Elle a aussi rappelé que les femmes issues de minorités religieuses sont souvent particulièrement vulnérables dans ces contextes.

Si le Canada ne figure pas officiellement sur la liste de surveillance de l’organisation, Mme Lalonde a indiqué que la situation québécoise suscite néanmoins une certaine attention.


De son côté, Alessandra Santopadre, adjointe au directeur de l’Office des communautés culturelles de l’Archidiocèse de Montréal, a témoigné de la réalité quotidienne des croyants issus de l’immigration, qu’elle côtoie depuis plus de 16 ans.


« Trop souvent, des personnes croyantes issues de l’immigration apprennent à rendre leur foi invisible, non pas parce qu’on le leur demande explicitement, mais parce que les signaux culturels sont clairs, a-t-elle observé. Cette scission intérieure a un coût psychologique que l’on sous-estime. »


Mme Santopadre a défendu le rôle intégrateur des paroisses multiculturelles, qu’elle décrit comme de véritables laboratoires du vivre-ensemble, où des familles d’origines diverses se rassemblent autour de valeurs communes liées à la dignité humaine et à la solidarité. Selon elle, la diversité des communautés et l’expression de leur foi contribuent à enrichir à la fois l’Église et la société.


Dernier à intervenir, Mgr Christian Lépine, archevêque de Montréal, a invité l’assemblée à dépasser le seul débat sur les valeurs pour aborder la question de Dieu dans l’Espace public.


« On aimerait que parler de dignité humaine et de vivre-ensemble suffise, a reconnu Mgr Lépine. Mais ça ne suffit pas. Les valeurs détachées de leur source finissent par faner, comme un bouquet coupé de ses racines. Le véritable enjeu n’est pas seulement celui des valeurs, mais aussi la question de Dieu. »


Mgr Lépine a rappelé que la laïcité et la liberté doivent aller de pair, tout en évoquant les réflexions formulées par les évêques du Québec lors du débat entourant la Loi 62.


L’événement s’est conclu par une période de questions avec le public, suivi d’une messe et d’un cocktail. Ce panel s’inscrivait dans la série de rencontres Dialogue et espérance, qui propose des rencontres publiques visant à encourager une réflexion ouverte sur les enjeux sociaux et spirituels qui traversent la société québécoise.

 
 
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